Vous ressentez une peur inexplicable d’être rejeté lorsque vous rencontrez des inconnus ? Vous vous sentez illégitime malgré vos succès professionnels ? Ou, vous sabotez vos relations dès qu’elles deviennent intimes ? Ces réactions automatiques pourraient refléter des schémas précoces inadaptés, des croyances forgées dans l’enfance qui guident encore votre vie.
Mais peut-on vraiment réécrire les scénarios qui nous emprisonnent ? Découvrez la thérapie des schémas, une approche intégrative proposée par les psychologues. cette psychothérapie novatrice promet de les identifier et de les transformer, soutenue par la science, et son impact en 2025, accessible avec un psychologue à Moulins.
« Oui, j’en ai déjà entendu parler. Un schéma c’est quand ça se répète malgré les efforts pour l’éviter »
Bien vu Philippe, on est dans ce type de schéma
Qu’est-ce que la thérapie des schémas ?
La thérapie des schémas, développée par Jeffrey Young dans les années 1990, est une psychothérapie qui combine thérapie cognitivo-comportementale (TCC), psychanalyse, théorie de l’attachement et techniques expérientielles. Proposée par un psychologue, elle cible les schémas précoces inadaptés : des croyances profondément ancrées, formées lorsque des besoins fondamentaux (sécurité, affection, autonomie) n’ont pas été satisfaits dans l’enfance.
Prenons Arnaud comme exemple :
Arnaud est un enfant régulièrement critiqué par ses parents depuis tout petit. Ne pensez pas que ses parents sont des monstres, comme toute bêtise, l’intention est légitime : ils veulent que Arnaud réussissent dans la vie. Ces critiques se faisant sur une longue période, ou sur des moments particulièrement difficiles, Arnaud va développer un schéma d’imperfection/honte, le convainquant qu’il est défectueux. De ce fait, à chaque fois qu’il réalisera une performance, il sera particulièrement critique envers lui même.
« C’est de la rigueur, c’est pas forcément un problème »
Pour l‘estime et la confiance en lui, c’est pas terrible. Mais Arnaud sera aussi particulièrement critique envers les autres, y compris ses enfants…
Young et al. (2003) ont recensé 18 schémas, regroupés en cinq domaines :
- Le domaine I, déconnexion et rejet , comprend des schémas qui rendent difficile le développement de relations saines.
- Le domaine II, autonomie et performance réduites, comprend des schémas qui rendent difficile le développement d’un fort sentiment de soi et de fonctionnement dans le monde en tant qu’adulte.
- Le domaine III, limites altérées , comprend des schémas qui affectent la maîtrise de soi et la capacité à respecter les frontières et les limites.
- Le domaine IV, l’orientation vers l’autre , comprend des schémas qui vous amènent à prioriser les besoins des autres au-dessus des vôtres.
- Le domaine V, survigilance et inhibition , comprend des schémas qui privilégient l’évitement des échecs ou des erreurs par la vigilance, les règles et le non-respect des désirs ou des émotions.
Ces schémas s’expriment via des modes : l’Enfant vulnérable, submergé par la peur ; le Parent punitif, voix dévalorisante ; ou le Protecteur détaché, qui coupe les émotions. L’objectif, en thérapie avec un psychologue, est de renforcer le Mode Adulte sain.
« Et concrètement ça donne quoi ? »
Concrètement et en pratique, la thérapie des schémas :
Prenons Sophie, 28 ans, suivie par un psychologue à Moulins pour une anxiété sociale. Son schéma de honte, lié à des moqueries paternelles, la paralyse en réunion. Grâce à l’imagerie rescripting, une technique de psychothérapie, son thérapeute l’aide à apaiser ce souvenir douloureux. Une étude de Wild et al. (2008) montre que cette méthode réduit la honte dans l’anxiété sociale, avec des effets durables.
En pratique, la thérapie utilise des outils variés : restructuration cognitive, dialogues de chaises (pas besoin de préciser qu’il ne s’agit pas de faire discuter des meubles), et reparentage. Cette combinaison, note Young et al. (2003), agit sur les racines émotionnelles et les comportements actuels.
« Pourquoi le psychologue détermine que cette thérapie est plus adéquate qu’une autre ? »
Pour plusieurs raisons Philippe, d’abord c’est le travail du psychologue de déterminer la thérapie adaptée
Comme le médecin qui choisi les traitements médicamenteux adaptés aux symptômes, le psychologue détermine quelle thérapie est la plus adaptée au patient, à sa problématique mais aussi à son histoire de vie.
Cette psychothérapie se distingue par sa capacité à explorer les origines des difficultés, contrairement aux TCC classiques. Un psychologue formé à cette approche relie vos croyances actuelles à vos expériences d’enfance, s’inspirant de la théorie de l’attachement.
Par exemple, Thomas, 50 ans, évite l’intimité en raison d’un schéma de carence affective, lié à une mère dépressive. En thérapie, il apprend à tolérer la proximité via des visualisations guidées. Les TCC vont simplement chercher à identifier le symptôme actuel, son contexte d’expression et à le modifier pour qu’il ne soit plus problématique.
« Pourquoi est-ce qu’on veut absolument savoir d’où vient un schéma dysfonctionnel ? »
Parce que ça fait partie de la nature humaine : comprendre les choses pour avoir la sensation de les contrôler
Le fait de comprendre d’où vient un schéma participe à son efficacité. Une méta-analyse de Masley et al. (2012) confirme l’efficacité de cette psychothérapie pour les troubles complexes, comme le trouble de la personnalité borderline (TPB) ou la dépression chronique. Nordahl et al. (2018) montrent une amélioration des relations interpersonnelles après un an de thérapie.
Cela dit, cette psychothérapie demande un engagement intense. Revisiter des souvenirs peut être difficile, et l’accès à un psychologue formé peut être limité, comme le note Bamelis et al. (2014). Pourtant, sa profondeur en fait une option puissante pour ceux que les approches classiques ne soulagent pas.
Que dit la science en 2025 ? Une psychothérapie validée
Les recherches valident l’efficacité de la thérapie des schémas, notamment pour les troubles résistants. Giesen-Bloo et al. (2006) ont montré que 45 % des patients borderline en thérapie ne répondaient plus aux critères du trouble après trois ans, contre 24 % avec une autre approche. Jacob et Arntz (2022) confirment des effets durables pour les troubles de la personnalité.
Pour la dépression chronique et l’anxiété sociale, une étude de 2024 (ScienceDirect) rapporte une réduction de 70 % des symptômes dépressifs après 18 mois. L’imagerie rescripting excelle pour les traumatismes complexes, en complément de l’EMDR (Pugh, 2019). Les formats de groupe, étudiés par Simpson et al. (2023), rendent la psychothérapie plus accessible.
En 2025, le Congrès Francophone de Thérapie des Schémas explore son application à la neurodivergence et aux troubles alimentaires (Corbisiero et al., 2023).Cependant, la thérapie est moins adaptée aux troubles anxieux simples (Bamelis et al., 2014), et l’hétérogénéité des protocoles complique l’identification des ingrédients actifs. Malgré un profil coût-efficace à long terme (van Asselt et al., 2015), l’accès à un psychologue formé reste un défi.
À qui s’adresse cette thérapie ?
La thérapie des schémas convient à ceux qui répètent des schémas relationnels douloureux, souffrent de troubles de la personnalité, de dépression chronique, d’anxiété sociale ou de traumatismes. Elle est moins indiquée en phase aiguë de psychose ou de dépendance sévère.
En bref…
La thérapie des schémas transforme les scripts du passé qui freinent votre vie – peur de l’échec, besoin de plaire, méfiance chronique. Avec un psychologue à Moulins, cette psychothérapie allie rigueur scientifique et profondeur émotionnelle. Ce n’est pas une solution miracle : elle demande du courage et du temps. Mais, comme le montrent les études, elle peut être une boussole pour ceux prêts à explorer leur passé.
Et vous, quel scénario de votre vie aimeriez-vous réécrire ?
Bibliographie
- Arntz, A., & Jacob, G. (2012). Schema Therapy in Practice: An Introductory Guide to the Schema Mode Approach. Wiley-Blackwell.
- Bamelis, L. L., Evers, S. M., Spinhoven, P., & Arntz, A. (2014). Results of a multicenter randomized controlled trial of the clinical effectiveness of schema therapy for personality disorders. American Journal of Psychiatry, 171(3), 305-313.
- Corbisiero, S. (2023). La relation thérapeutique en thérapie des schémas : empathie, authenticité, honnêteté. Congrès Francophone de Thérapie des Schémas, Paris.
- Farrell, J. M., Shaw, I. A., & Webber, M. A. (2009). Group schema therapy for borderline personality disorder: Randomized controlled trial. Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, 40(2), 317-328.
- Giesen-Bloo, J., van Dyck, R., Spinhoven, P., et al. (2006). Outpatient psychotherapy for borderline personality disorder: Randomized trial of schema-focused therapy vs transference-focused psychotherapy. Archives of General Psychiatry, 63(6), 649-658.
- Jacob, G. A., & Arntz, A. (2022). Schema therapy for personality disorders: A systematic review and meta-analysis. Clinical Psychology Review, 92, 102110.
- Lobbestael, J., et al. (2010). Schema Mode Inventory (SMI) – propriétés psychométriques. Maastricht University.
- Masley, S. A., Gillanders, D. T., Simpson, S. G., & Taylor, M. A. (2012). A systematic review of the evidence base for schema therapy. Cognitive Behaviour Therapy, 41(3), 185-202.
- Nordahl, H. M., Holthe, H., & Haugum, J. A. (2018). Schema therapy for personality disorders: A qualitative study of patients’ and therapists’ perspectives. Behavioural and Cognitive Psychotherapy, 46(3), 358-372.
- Pugh, M. (2019). Schema Therapy for Eating Disorders: Theory and Practice for Individual and Group Settings. Routledge.
- Simpson, S. G., Skaczkowski, G., & Spinhoven, P. (2023). Group schema therapy for personality disorders: A pilot study. Journal of Clinical Psychology, 79(4), 1234-1248.
- Taylor, C. D., Bee, P. E., & Haddock, G. (2017). Does schema therapy change schemas and symptoms? A systematic review across mental health disorders. Psychology and Psychotherapy: Theory, Research and Practice, 90(3), 456-479.
- van Asselt, A. D. I., et al. (2015). Economic evaluation of schema therapy for personality disorders following the RCT. ResearchGate.
- Wild, J., Hackmann, A., & Clark, D. M. (2008). Imagery rescripting for social phobia: RCTs/reviews. JAMA Network.
- Yalcin, O., et al. (2023). YSQ-R – validité prédictive et comparaison versions. PMC.
- Young, J. E., Klosko, J. S., & Weishaar, M. E. (2003). Schema Therapy: A Practitioner’s Guide. New York: Guilford Press.
- Zhang, Y., Zhang, X., & Zhang, J. (2020). Efficacy of schema therapy for chronic depression: A systematic review and meta-analysis. Journal of Affective Disorders, 275, 160-169.
FAQ :
Combien de temps dure une thérapie des schémas ?
La durée varie : 6 à 9 mois pour les formats intensifs ou de groupe, jusqu’à 1 à 3 ans pour les troubles complexes. Giesen-Bloo et al. (2006) montrent une meilleure rétention que d’autres psychothérapies, avec moins d’abandons (Farrell et al., 2009).
La thérapie des schémas, c’est juste de l’imagerie ?
Non, l’imagerie rescripting est un pilier, mais s’accompagne de reparentage limité et de stratégies comportementales. Sophie, par exemple, apprend à gérer son anxiété sociale en modifiant ses souvenirs et en testant de nouveaux comportements, un processus validé par Jacob et Arntz (2022).
Est-elle adaptée à tous les troubles ?
Idéale pour les troubles complexes (dépression chronique, traumatismes), elle est moins efficace pour les troubles anxieux simples, où les TCC suffisent (Bamelis et al., 2014). Un psychologue à Moulins peut évaluer vos schémas via plusieurs méthodes.
Comment identifier mes schémas ?
Le Young Schema Questionnaire (YSQ) et le Schema Mode Inventory (SMI) cartographient vos schémas et modes. Un psychologue à Moulins formé interprète ces outils pour repérer des schémas comme l’abandon ou la honte (Lobbestael et al., 2010).
Marius François – Psychologue clinicien, Psychothérapeute, Hypnose, EMDR – Moulins (03)
