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Briser le plafond de verre, symbole de l'effet Pygmalion et la confiance en soi.
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Imaginez-vous dans le cockpit d’un avion de ligne, guidé uniquement par la voix d’un contrôleur aérien. Pensez-vous pouvoir le faire atterrir sans formation ? Une étude YouGov de 2023 révèle que 46 % des hommes aux États-Unis croient en être capables, contre seulement 20 % des femmes. Tous les médias ce sont emparés de ces résultats : Radio France ; Le Monde ; 20 Minutes ; Magazine GEO ; Kombini ; Et pour cause, ce contraste saisissant illustre la complexité de la confiance en soi : un moteur puissant qui peut nous propulser vers le succès, mais aussi une illusion qui nous expose à l’échec.

Et si cette croyance principalement masculine n’était pas un problème ? Cela pourrait-il être un début d’explication du plafond de verre ?

« En quoi est-ce problématique que les hommes pensent pouvoir faire atterrir un avion ? »

C’est problématique à plusieurs niveaux, Jean-Claude…

L’Effet Dunning-Kruger : quand la confiance dépasse la compétence

L’assurance des hommes interrogés par YouGov (2023) face à une tâche aussi complexe que piloter un avion illustre l’effet Dunning-Kruger. Décrit par Dunning et Kruger (1999), ce phénomène découle d’une méconnaissance de ses propres limites : les personnes peu compétentes manquent des connaissances nécessaires pour évaluer précisément leur performance, tandis que les experts, conscients de la complexité du domaine, peuvent minimiser leur propre maîtrise.

Prenons Clara, qui se lance dans une présentation professionnelle avec une confiance débordante, mais oublie des détails cruciaux, pensant que son charisme suffira. Ce « double fardeau » – incompétence et ignorance de cette incompétence – peut mener à des erreurs coûteuses (Kruger & Dunning, 1999).

« Sur un malentendu, ça peut marcher ! »

Merci Jean-Claude, c’est vrai, mais pas toujours.

Graphique illustrant l’effet Dunning-Kruger, montrant la relation entre confiance en soi et compétences, avec un pic de confiance chez les moins compétents. Accompagnement par un psychologue à Moulins pour mieux comprendre ce biais cognitif.
L’effet Dunning-Kruger : quand la confiance dépasse les compétences

Cependant, cet excès de confiance n’est pas toujours négatif. Ehrlinger & al. (2008) suggèrent qu’une surestimation modérée motive à relever des défis, surtout dans des contextes où l’apprentissage par l’essai-erreur est possible (Dunning, 2011).

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »

C’est bien de ça dont il est question, merci Mark Twain !

Le côté positif de l’excès de confiance

Alors oui, une personne avec une confiance haute pourra être perçue négativement du fait des bonnes mœurs liées à la modestie. Cependant, un excès de confiance est un atout puissant.

Selon Bandura (1997), le sentiment d’efficacité personnelle stimule la motivation et la persévérance. Une confiance légèrement exagérée peut inciter à sortir de sa zone de confort, comme lorsque Léa, timide, se convainc qu’elle peut animer une réunion importante. Cette audace lui permet de surmonter sa peur, même si elle commet des erreurs. Une méta-analyse de Stajkovic et Luthans (1998) montre que les personnes avec un fort sentiment d’efficacité personnelle réussissent mieux dans des tâches complexes, car elles investissent plus d’efforts.

« Attend, c’est quoi le sentiment d’efficacité personnelle ? »

C’est un moteur clé des comportements humains, lié à l’estime de soi

Le sentiment d’efficacité personnelle désigne la croyance d’un individu en sa capacité à réussir dans des tâches spécifiques ou à relever des défis dans un contexte donné. Ce concept, développé par le psychologue Albert Bandura, est central dans sa théorie de l’auto-efficacité. Il reflète la confiance en ses compétences pour organiser et exécuter les actions nécessaires à l’atteinte d’objectifs, influençant ainsi la motivation, la persévérance et la résilience face aux obstacles.

« Je pense que je peux le faire, donc je redouble d’effort pour atteindre mon objectif, donc j’ai plus de chances de l’atteindre »

C’est exactement ça Jean-Claude !

L’excès de confiance peut aussi renforcer la résilience et le leadership. Scheier et Carver (2003) indiquent que les individus optimistes, même s’ils surestiment leurs capacités, rebondissent plus vite après des échecs, percevant les revers comme temporaires. Dans le monde professionnel, une confiance affirmée, même légèrement excessive, inspire les autres et favorise le leadership (Sunder & al., 2022). Des modèles évolutifs suggèrent même que cet « excès de confiance » pourrait avoir été avantageux pour la survie et la compétition, en équilibrant risques et opportunités (Johnson & Fowler, 2011). De plus, l’illusion positive – une perception flatteuse de soi – est liée à une meilleure santé mentale, avec moins de solitude et une plus grande satisfaction de vie (Murphy & al., 2017).

« Pour être heureux, il suffit d’être optimiste quoi ?! »

Oui !

L’optimisme en TCC : une clé pour une confiance saine

L’optimisme, lorsqu’il est bien calibré, est un pilier de la confiance en soi. Dans le cadre des TCC, Young & al. (2003) soulignent que cultiver un optimisme réaliste aide à surmonter les pensées limitantes. Prenons Tom, qui, après un échec entrepreneurial, pense qu’il est « incompétent ». En TCC, il apprend à reformuler cette pensée en « J’ai échoué cette fois, mais je peux apprendre et réessayer ». Cette approche restructure les schémas de « défectuosité » ou de « négativisme », favorisant une confiance basée sur l’effort et la progression (Young & al., 2003).

Une méta-analyse de Sin et Lyubomirsky (2009) montre que des interventions comme la tenue d’un journal de gratitude ou la visualisation d’objectifs atteints augmentent le bien-être et réduisent les symptômes dépressifs. Cet optimisme réaliste, associé à une meilleure gestion du stress et une longévité accrue (Carver & Scheier, 2014), construit une confiance durable, ancrée dans des actions concrètes.

« On peut donc devenir optimiste en se forçant à voir le verre à moitié plein ? »

C’est ça, même si ça ne se fait pas du jour au lendemain, ça nécessite de persister mais oui

Pessimisme défensif : un contrepoids utile

À l’opposé, le pessimisme défensif peut être un outil stratégique. En anticipant les difficultés, les individus se préparent mieux aux obstacles, réduisant ainsi le stress. Par exemple, un étudiant qui envisage un échec à un examen peut réviser plus intensément, transformant son pessimisme en action proactive. Selon Norem (2001), le pessimisme défensif aide à canaliser l’anxiété en stratégies de préparation, particulièrement dans des contextes incertains.

« C’est ce qui nous permet de préparer notre valise avec une tenue ‘au cas où’ il pleut »

On se prépare aux différentes éventualités pour leur faire face, par contre ça devient contre-productif si c’est à outrance, Jean-Claude.

Cependant, un pessimisme excessif peut devenir un frein. Selon le DSM-5, une vision négative de soi et de l’avenir est un symptôme central de la dépression, touchant environ 5 % des adultes mondialement (American Psychiatric Association, 2013; OMS, 2023). Imaginez Emma, qui, après une critique au travail, conclut qu’elle est « incapable » ; « et si j’oublie mes documents, s’ils posent une question à laquelle je ne sais pas répondre, s’il y a une coupure de courant… ». Ces pensées alimentent un cycle de ruminations, où elle évite les défis par peur d’échouer, renforçant sa dépression (Nolen-Hoeksema & al., 2008).

La TCC aide à contrer ce biais d’attribution négatif, où les échecs sont attribués à des causes internes et stables, en favorisant des perspectives plus équilibrées (Abramson & al., 1978; Seligman, 1991).

« Le travail thérapeutique réside dans le fait d’évaluer objectivement un échec ? »

C’est un peu ça oui, parce que naturellement tu as cette capacité

Le biais d’autocomplaisance : un bouclier pour l’estime de soi

Le biais d’autocomplaisance, qui consiste à attribuer ses succès à ses propres mérites et ses échecs à des facteurs externes, peut protéger l’estime de soi. Par exemple, un entrepreneur qui échoue attribue cela à un marché défavorable plutôt qu’à un manque de compétence, ce qui lui permet de rebondir. Une étude de Pirinsky (2013) montre que ce biais renforce la résilience face aux revers, mais un excès peut freiner l’auto-évaluation honnête, limitant l’apprentissage.

« Ce qui favorise donc l’effet Dunning-Kruger ! »

Oui ! Mais te permet d’être dans un état d’esprit positif face à un défi. Tu connais l’effet Pygmalion ?

L’effet Pygmalion : quand les attentes inspirent le succès

L’effet Pygmalion, ou auto-réalisation des prophéties, décrit par Rosenthal et Jacobson (1968), montre comment les attentes positives d’autrui boostent les performances. Un professeur qui croit en son élève peut lui donner la confiance nécessaire pour exceller.

Pour vérifier cette théorie, les chercheurs (Rosenthal & Jacobson, 1968) ont administré un test de QI (le Harvard Test of Inflected Acquisition, présenté comme un test prédictif de l’épanouissement intellectuel) à des élèves d’une école primaire. Ils ont ensuite fourni aux enseignants des résultats fictifs, indiquant que certains élèves (choisis au hasard) étaient des « late bloomers » (élèves à fort potentiel de développement). En réalité, ces élèves n’étaient pas différents des autres. Après plusieurs mois, des tests de QI réels ont montré que les élèves identifiés comme ayant un fort potentiel avaient significativement amélioré leurs scores par rapport à leurs pairs, en raison des attentes positives des enseignants, qui avaient inconsciemment offert plus d’attention, d’encouragement et d’opportunités à ces élèves. À l’inverse, les élèves non identifiés comme prometteurs ont parfois vu leurs performances stagner ou décliner.

Une méta-analyse de McNatt (2000) confirme que cet effet améliore les résultats dans des contextes éducatifs et professionnels. Si l’entourage de Clara la félicite pour son audace, elle sera plus encline à perfectionner ses compétences, transformant une confiance excessive en compétence réelle.

« Ok, c’est bien beau tout ça, mais dans le cas où on s’attend à quelque chose de négatif ? »

C’est la dépression, c’est l’auto-sabotage, c’est la résignation… Tu connais le plafond de verre ?

Le plafond de verre : quand le doute freine les femmes

Le plafond de verre, cette barrière invisible limitant l’accès des femmes (mais pas que) aux postes de pouvoir, est influencé par plusieurs facteurs :

  • La confiance en soi : Sandberg et Grant (2015) montrent que les femmes, socialisées pour douter de leurs compétences, hésitent à postuler à des postes à responsabilité, contrairement aux hommes. Ce phénomène est lié au syndrome de l’imposteur, où les femmes attribuent leurs succès à la chance plutôt qu’à leurs mérites (Clance & Imes, 1978). Par exemple, Sophie, compétente mais convaincue qu’elle n’est « pas assez qualifiée », renonce à une promotion, renforçant le plafond de verre par un auto-sabotage.
  • L’effet pygmalion (Eden & al., 2000) : si l’environnement s’attend à ce que les femmes réussissent moins bien que les hommes, il y a de fortes chances pour que ça arrive. Ce qui va finalement convaincre les femmes sur leurs propres compétences.
  • La sous-estimation des compétences (Huang, 2013) : les femmes ont tendances à sous-estimer leurs performances par rapport aux hommes, même à compétences égales (Beyer & Bowden, 1997).

Les initiatives comme citées dans Lean In (Sandberg, 2013) et les interventions en TCC peuvent aider à déconstruire ces croyances limitantes, encourageant les femmes à oser et à revendiquer leur légitimité.

« Je veux bien mais tout n’est pas noir ou blanc ?! »

Bien vu Jean-Claude, tout réside dans la nuance !

En bref…

La confiance en soi est un équilibre entre audace et humilité. L’effet Dunning-Kruger nous alerte sur les risques d’une confiance mal calibrée, mais un excès modéré peut motiver l’action et l’apprentissage. L’optimisme réaliste, soutenu par la TCC, renforce la résilience, tandis que le pessimisme défensif prépare aux défis. Le biais d’autocomplaisance protège l’estime de soi, et l’effet Pygmalion montre le pouvoir des attentes positives. Enfin, le plafond de verre souligne comment le manque de confiance, particulièrement chez les femmes, peut freiner les ambitions, mais des stratégies psychologiques peuvent briser ces barrières.

Et vous, où en êtes-vous dans cet équilibre ? Avez-vous déjà ressenti une confiance débordante qui vous a poussé à agir, ou un doute qui vous a freiné ? Si ces questions résonnent, un psychologue peut vous accompagner pour cultiver une confiance en soi authentique, mêlant audace et réalisme. Prenez un moment pour explorer vos forces et vos défis : c’est le premier pas vers une version de vous-même plus confiante et épanouie.

Voici un résumé des dynamiques en jeu :

AspectEffet Positif PotentielRisque à Modérer
Excès de confianceMotivation, action, leadershipErreurs, imprudence
Optimisme réalisteGestion du stress, persévéranceDésillusion si mal calibré
Pessimisme défensifPréparation, réduction de l’anxiétéDécouragement si extrême
Biais d’autocomplaisanceProtection de l’estime de soiFrein à l’auto-évaluation si excessif
Plafond de verreOpportunité de renforcer la confiance via TCCAuto-sabotage, renoncement aux ambitions

Bibliographie :

  • Abramson, L. Y., Seligman, M. E., & Teasdale, J. D. (1978). Learned helplessness in humans: Critique and reformulation. Journal of Abnormal Psychology, 87(1), 49–74.

  • American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.).

  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W.H. Freeman.

  • Beyer, S., & Bowden, E. M. (1997). Gender differences in self-perceptions: Convergent evidence from three measures of accuracy and bias. Personality and Social Psychology Bulletin, 23(2), 157–172.

  • Clance, P. R., & Imes, S. A. (1978). The imposter phenomenon in high achieving women: Dynamics and therapeutic intervention. Psychotherapy: Theory, Research & Practice, 15(3), 241–247.

  • Carver, C. S., & Scheier, M. F. (2014). Dispositional optimism. Trends in Cognitive Sciences, 18(6), 293–299.

  • Dunning, D. (2011). The Dunning-Kruger effect: On being ignorant of one’s own ignorance. Advances in Experimental Social Psychology, 44, 247–296.

  • Eden, D., Geller, D., Gewirtz, A., Gordon-Terner, R., Inbar, I., Liberman, M., Pass, Y., Salomon-Shraga, I., & Shalit, M. (2000). Implanting Pygmalion leadership style through workshop training: Seven field experiments. The Leadership Quarterly, 11(2), 171–210.

  • Ehrlinger, J., Johnson, K., Banner, M., Dunning, D., & Kruger, J. (2008). Why the unskilled are unaware: Further explorations of (absent) self-insight among the incompetent. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 105(1), 98–121.

  • Huang, J. (2013). Gender differences in self-assessment: A meta-analysis. Journal of Applied Psychology, 98(5), 734–749.

  • Johnson, D. D. P., & Fowler, J. H. (2011). The evolution of overconfidence. Nature, 477(7364), 317–320.

  • Kruger, J., & Dunning, D. (1999). Unskilled and unaware of it: How difficulties in recognizing one’s own incompetence lead to inflated self-assessments. Journal of Personality and Social Psychology, 77(6), 1121–1134.

  • McNatt, D. B. (2000). Ancient Pygmalion joins contemporary management: A meta-analysis of the Pygmalion effect at work. Journal of Applied Psychology, 85(2), 314–322.

  • Murphy, B. A., Barlow, F. K., & von Hippel, W. (2017). Overconfidence and mental health: A meta-analytic review. Personality and Individual Differences, 113, 221–227.

  • Nolen-Hoeksema, S., Wisco, B. E., & Lyubomirsky, S. (2008). Rethinking rumination. Perspectives on Psychological Science, 3(5), 400–424.

  • Norem, J. K. (2001). The positive power of negative thinking. Basic Books.

  • Pirinsky, C. (2013). Confidence and economic attitudes. Journal of Economic Behavior & Organization, 91, 166–179.

  • Rosenthal, R., & Jacobson, L. (1968). Pygmalion in the classroom. The Urban Review, 3(1), 16–20.

  • Sandberg, S. (2013). Lean In: Women, work, and the will to lead. Knopf.

  • Sandberg, S., & Grant, A. (2015). Women and the workplace: The confidence gap. Harvard Business Review.

  • Seligman, M. E. P. (1991). Learned optimism: How to change your mind and your life. Knopf.

  • Sin, N. L., & Lyubomirsky, S. (2009). Enhancing well-being and alleviating depressive symptoms with positive psychology interventions: A practice-friendly meta-analysis. Journal of Clinical Psychology, 65(5), 467–487.

  • Stajkovic, A. D., & Luthans, F. (1998). Self-efficacy and work-related performance: A meta-analysis. Psychological Bulletin, 124(2), 240–261.

  • Sunder, N., Zhang, Y., & Zhang, X. (2022). CEO overconfidence and corporate innovation outcomes: Evidence from China. Frontiers in Psychology, 13, Article 891085.

  • Young, J. E., Klosko, J. S., & Weishaar, M. E. (2003). Schema therapy: A practitioner’s guide. Guilford Press.

FAQ

L’excès de confiance est-il toujours dangereux ?

Pas toujours. Un excès modéré peut motiver à relever des défis, mais il doit être suivi d’une réflexion pour aligner confiance et compétence.

Comment surmonter le syndrome de l’imposteur ?

Travailler avec un psychologue en TCC peut aider à identifier les pensées autolimitantes et à reconnaître ses compétences réelles.

Le pessimisme défensif est-il toujours utile ?

Oui, s’il est utilisé pour anticiper et se préparer, mais un excès peut mener au découragement.

Le plafond de verre est-il uniquement lié à la confiance ?

Non, il est aussi influencé par des facteurs structurels comme les stéréotypes de genre, mais la confiance joue un rôle clé.

Comment un psychologue peut-il aider ?

Un professionnel peut vous guider pour renforcer votre estime de soi, dépasser les doutes et saisir des opportunités personnelles et professionnelles.

Marius François – Psychologue clinicien, Psychothérapeute, Hypnose, EMDR – Moulins (03)

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