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Illustration d’une séance entre un psychologue à Moulins et son patient discutant de l’influence des croyances en psychothérapie.
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Les croyances ne sont pas juste des opinions floues ; en psychologie, elles sont des filtres qui colorent notre perception du monde, influençant nos émotions, nos comportements et même notre bien-être physique. Que ce soit une foi religieuse qui nous porte ou une idée toxique du genre « je ne mérite pas d’être heureux », elles sculptent notre réalité. Mais d’où viennent-elles ? Souvent ancrées dans l’enfance, la culture ou des expériences traumatisantes, elles deviennent inconscientes, comme un pilote automatique mental.

Et si on les challenge ? C’est là que la magie – ou la science – opère.

« Donc les croyances ne sont pas que spirituelles ? »

Non Michel, il en existe plusieurs catégories, toutes aussi influentes les unes que les autres…

1. Une croyance, c’est quoi exactement selon les psychologues ?

En psychologie, une croyance est une idée que l’on tient pour vraie, même si on n’a pas de preuve formelle sous la main. Il y en a de trois grands types :

  • Les croyances superficielles (« demain il pleut »)

  • Les croyances intermédiaires (« je dois être parfait pour être aimé »)

  • Les croyances centrales ou « core beliefs » (« je suis fondamentalement nul / indigne / en danger »)

Ces dernières, souvent formées dans l’enfance, fonctionnent comme des lunettes qu’on oublie qu’on porte : elles colorent toute la réalité.

Des études montrent que ces schémas cognitifs profonds orientent l’attention, l’interprétation et les comportements, surtout sous stress (Fenn & Byrne, 2013).

« Ok, donc c’est pas juste « penser positif », c’est plus profond que ça ? »

Exactement. Et en TCC, c’est même la cible numéro 1.

2. En TCC : on traque et on transforme les croyances dysfonctionnelles

Aaron Beck et les TCC partent du principe simple : ce ne sont pas les événements qui nous dépriment ou nous angoissent, mais l’interprétation qu’on en fait, pilotée par nos croyances.

Plusieurs méta-analyses confirment que modifier ces croyances (via restructuration cognitive + expérimentations comportementales) est l’un des mécanismes principaux de l’efficacité des TCC (Hofmann et al., 2012 ; Lorenzo-Luaces et al., 2023).

Concrètement, on fait :

  • Identifier la croyance (« Si je rate, je suis un raté »)

  • Chercher des preuves pour et contre

  • Tester en vrai (expérimentation comportementale)

  • Construire une croyance plus nuancée (« Un échec ne définit pas ma valeur »)

Résultat ? Réduction significative des symptômes dépressifs et anxieux quand les croyances centrales bougent réellement (Ezawa et al., 2023).

« D’accord, mais les croyances spirituelles ou religieuses, on en fait quoi en thérapie ? On les jette à la poubelle ? »

Surtout pas ! On regarde si elles aident ou si elles enferment.

3. Croyances spirituelles et religieuses : ressource ou piège ?

La science est claire : globalement, la spiritualité et la pratique religieuse modérée sont associées à une meilleure santé mentale :

(Lucchetti et al., 2021 ; Koenig, 2012)

Mais il y a un gros « ça dépend » :

  • Quand la croyance est intérieure, ouverte, axée sur le lien et le pardon → effet protecteur fort

  • Quand elle est rigide, culpabilisante, centrée sur la peur du châtiment → elle peut aggraver la détresse, surtout chez les personnes déjà fragiles (Exline et al., 2023)

En pratique clinique, on intègre la spiritualité du patient quand elle est fonctionnelle, et on la travaille doucement quand elle devient toxique (exactement comme n’importe quelle autre croyance).

« Attends… donc croire que « tout arrive pour une raison » peut être à la fois réconfortant et complètement délirant selon le contexte ? »

Pile poil. Et c’est pareil avec l’effet placebo/nocebo : le cerveau ne fait pas la différence entre « vrai » et « cru »

4. Le pouvoir fou des attentes : placebo, nocebo et cerveau crédule

Si tu crois qu’un comprimé va te soulager, ton cerveau libère des endorphines et ça soulage vraiment, même si c’est du sucre.

Ce qui est prouvé par des méta-analyses en neurosciences : les attentes activent les mêmes circuits que le traitement réel (Wager & Atlas, 2015).

À l’inverse, croire que « ça va mal finir » augmente la douleur, l’anxiété et même les risques de rechute (nocebo).

En thérapie, on optimise donc les attentes positives sans mentir : expliquer clairement comment ça marche, créer une alliance forte, donner des petites victoires rapides. C’est du placebo éthique, et ça booste l’efficacité du traitement (Niazi et al., 2024).

« Donc en gros, ce qu’on croit finit par se réaliser un peu ? »

Pas magiquement, mais neurologiquement oui : nos croyances deviennent des prophéties auto-réalisatrices.

En bref…

Les croyances sont des architectes invisibles de notre vie mentale. En TCC, on peut démonter et reconstruire les croyances toxiques avec des outils validés scientifiquement.

Les croyances spirituelles sont souvent un superbe allié, parfois un boulet : tout dépend de leur flexibilité et de leur fonction.

Nos attentes façonnent littéralement notre cerveau et notre corps (placebo/nocebo).

Le message ? Observez vos croyances comme on observe sa respiration en méditation : avec curiosité, sans jugement. Et si certaines vous pourrissent la vie, sachez qu’on peut les réécrire. Votre cerveau est plus plastique qu’un pot de pâte à modeler.

Bibliographie

  • Ezawa, I. D., Bartels, S. L., & Strunk, D. R. (2023). Cognitive restructuring and psychotherapy outcome: A meta-analytic review. Psychological Bulletin, 149(5-6), 297–322. https://doi.org/10.1037/bul0000395

  • Exline, J. J., Pargament, K. I., Wilt, J. A., Grubbs, J. B., & Yali, A. M. (2023). The RSS-14: Development and preliminary validation of a 14-item form of the Religious and Spiritual Struggles Scale. Psychology of Religion and Spirituality, 15(4), 592–604. https://doi.org/10.1037/rel0000472

  • Hofmann, S. G., Asnaani, A., Vonk, I. J. J., Sawyer, A. T., & Fang, A. (2012). The efficacy of cognitive behavioral therapy: A review of meta-analyses. Cognitive Therapy and Research, 36(5), 427–440. https://doi.org/10.1007/s10608-012-9476-1

  • Lucchetti, G., & Lucchetti, A. L. G. (2021). Spirituality, religiousness, and mental health: A review of the current scientific evidence. World Journal of Clinical Cases, 9(22), 6093–6103. https://doi.org/10.5498/wjp.v11.i8.429

  • Wager, T. D., & Atlas, L. Y. (2015). The neuroscience of placebo effects: Connecting context, learning and health. Nature Reviews Neuroscience, 16(7), 403–418. https://doi.org/10.1038/nrn3916

FAQ

1. Croire en Dieu ou en l’univers peut-il remplacer une thérapie ?

Non, mais ça peut être un complément puissant. Quand la spiritualité donne du sens et du lien, elle réduit les symptômes ; quand elle culpabilise ou isole, elle aggrave. On travaille avec, pas contre (Lucchetti et al., 2021).

2. Est-ce que les TCC changent vraiment les croyances profondes ?

Oui, partiellement et durablement. Les études montrent que les patients qui modifient leurs « core beliefs » ont de bien meilleurs résultats à long terme (Ezawa et al., 2023).

3. Et si j’ai peur de « perdre ma foi » en travaillant mes croyances ?

C’est une crainte fréquente et légitime. Un bon psychologue / thérapeute respecte ce qui fait sens pour vous et ne touche qu’aux aspects qui vous font souffrir.

4. Le « penser positif » à outrance, ça marche ou c’est du pipeau ?

C’est du pipeau toxique si ça nie la réalité. Changer une croyance, ce n’est pas se mentir, c’est passer d’une vision rigide et fausse (« je rate toujours ») à une vision nuancée et juste (« j’ai déjà réussi plein de choses, je peux apprendre »).

5. Comment savoir si une de mes croyances est dysfonctionnelle ?

Trois indices : elle est absolue (« toujours », « jamais », « tout le monde »), elle vous fait souffrir durablement, et elle résiste aux preuves contraires. Si c’est le cas, un petit check-up psy peut valoir le coup !

Marius François – Psychologue clinicien, Psychothérapeute, Hypnose, EMDR – Moulins (03)

Les croyances sont compatibles avec une psychothérapie, demandez plus d’informations à votre psychologue.

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FrancoisMarius@psychologue-moulins-03.fr

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